Résumé
Au Japon, la loi de 2004 sur les espèces allochtones envahissantes a encadré la lutte contre ces espèces afin de prévenir leurs effets néfastes sur les écosystèmes. Cette loi définit le caractère envahissant d’une espèce allochtone en fonction de sa capacité avérée ou suspectée d’avoir des effets négatifs sur les écosystèmes, la sécurité des populations humaines, l’agriculture, la sylviculture ou la pisciculture. Les espèces envahissantes font l’objet d’une réglementation rigoureuse : la culture, la plantation, la conservation et le transport des espèces envahissantes végétales sont interdits sauf autorisation expresse du ministère concerné ; il en va de même pour les espèces animales exotiques envahissantes, qui ne peuvent être élevées, gardées ni transportées sans autorisation. Cette loi représente une avancée révolutionnaire en faveur de la protection des ressources biologiques au Japon. Sa mise en œuvre pose toutefois quelques problèmes. Par exemple, dans le cas du bourdon terrestre (Bombus terrestris) et de sa gestion, il a fallu résoudre le cruel dilemme entre l’impératif de la conservation biologique, d’une part, et les exigences de la productivité agricole, de l’autre. Par ailleurs, cette loi comporte une grave lacune : elle ne couvre pas les micro-organismes exotiques. L’incursion de la chytridiomycose au Japon, maladie infectieuse affectant les amphibiens, a posé de grands problèmes aux scientifiques et au gouvernement japonais, car la loi ne prévoyait aucune mesure de contrôle à l’égard de ce type de micro-organisme allochtone. Le Japon dépend fortement des importations, ce qui entraîne des difficultés particulières en matière de gestion des espèces exotiques.
 
Mots-clés
Animal envahissant « autostoppeur » – Batrachochytrium dendrobatidis Bombus terrestris – Bourdon terrestre – Chytridiomycose – Espèce envahissante – Évaluation du risque – Japon – Législation – Loi sur les espèces allochtones envahissantes – Lutte.