La profession vétérinaire ne peut pas sous-estimer l’importance économique, esthétique et culturelle, prise par la faune sauvage au cours des dernières décennies. Les chercheurs vétérinaires sont confrontés aux problèmes posés par la transmission des maladies infectieuses entre espèces domestiques et sauvages, le caractère zoonotique de certaines des maladies de la faune sauvage et les conséquences de celles-ci sur les normes internationales qui régissent les échanges d’animaux domestiques et de produits d’origine animale.

De nombreux pays appliquent avec succès, et à grands frais, des programmes zoosanitaires visant l’éradication de certaines maladies des animaux domestiques. La possibilité de persistance de ces infections dans des réservoirs sauvages, après leur élimination chez les animaux domestiques, est donc un sujet de préoccupation pour les autorités zoosanitaires ainsi que pour celles chargées de la conservation des espèces sauvages.

La gestion des problèmes sanitaires dans les élevages d’animaux sauvages en liberté se heurte naturellement à des difficultés techniques ; elle soulève également des controverses avec les écologistes lorsqu’il s’agit de lutter contre des maladies endémiques ou autochtones. En effet, celles-ci sont souvent considérées comme participant aux pressions de sélection qui ont pour effet de préserver la capacité de résistance de ces populations. Cependant, la menace qu’elles font peser sur les animaux domestiques et sur la santé publique lorsqu’il s’agit de zoonoses, ne doit pas être ignorée. L’introduction de parasites ou de maladies animales exotiques dans l’écosystème constitue un autre danger qu’il convient d’éviter à tout prix. L’identification, l’évaluation et la gestion des risques zoosanitaires sont les outils indispensables d’une pratique responsable des transferts d’animaux sauvages.

Ce numéro de la Revue scientifique et technique de l’OIE est consacré à la détection, au diagnostic et à la gestion des maladies infectieuses de la faune sauvage. Les nombreux auteurs qui ont apporté leur contribution à ce numéro de la Revue sur la faune sauvage, font autorité en la matière ; la pertinence des questions traitées ainsi que des concepts et des pratiques exposés mérite d’être soulignée.

Le lecteur trouvera des informations montrant l’importante du sujet traité dans trois articles traitant respectivement de la valeur de la faune sauvage (vue sous l’angle économique ou de la préservation des espèces), de la réglementation internationale régissant les déplacements et les échanges d’animaux (y compris le rôle de l’OIE, de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction [CITES] et de l’Union mondiale pour la nature [UICN]), et des applications épidémiologiques des systèmes d’information géographique.

D’autres articles couvrent des sujets aussi variés que la surveillance et le suivi épidémiologiques, l’interface faune sauvage/animaux domestiques, les stratégies de gestion des maladies, les maladies émergentes de la faune sauvage, le bio-terrorisme et la biodiversité, les maladies affectant les élevages d’animaux sauvages ainsi que les épreuves diagnostiques applicables à la faune sauvage.