L’auteur décrit deux programmes ayant chacun permis d’éradiquer un parasite et un vecteur affectant les animaux domestiques et sauvages. Ces programmes ont été appliqués à l’échelle d’une région et utilisaient la technique des lâchers de mâles stériles. Les larves de Calliphoridés (Cochliomyia hominivorax) ont été à l’origine d’une morbidité et mortalité élevées chez les animaux d’élevage et les mammifères sauvages des régions tropicales et sous-tropicales de l’Amérique, puis la mouche a été éradiquée de l’Amérique du Nord grâce aux lâchers de mâles stériles et d’autres méthodes faisant partie d’un programme de gestion intégrée des nuisibles. Les animaux sauvages et domestiques déplacés d’une zone infestée par C. hominivorax vers une zone indemne doivent être soumis à un traitement prophylactique. La trypanosomose transmise par la mouche tsé-tsé a une incidence considérable sur la répartition des populations humaines et animales en Afrique. L’immunotolérance des animaux sauvages au parasite favorise le maintien de certaines zones, non consacrées à l’élevage, en réserves pour la faune sauvage. L’abattage sanitaire des ongulés, considérés comme des réservoirs de la maladie, a été abandonné. En revanche, les lâchers de mâles stériles de la mouche tsé-tsé, associés avec d’autres méthodes de gestion intégrée des nuisibles, ont permis d’éradiquer la trypanosomose et la mouche tsé-tsé de Zanzibar. D’autres programmes sont en cours en Afrique. Des « pesticides biologiques » ont également donné de bons résultats contre les insectes nuisibles et certains vecteurs de maladies humaines. Il est probable que dans un futur proche, les programmes régionaux de lutte biologique, essentiellement destinés à protéger l’homme et/ou les animaux domestiques, auront aussi un impact bénéfique sur la faune sauvage