La kérato-conjonctivite infectieuse due à Mycoplasma conjunctivae est une infection oculaire très contagieuse, fréquente chez les ovins et caprins domestiques. Dans les Alpes européennes, la kérato-conjonctivite infectieuse est souvent observée chez le chamois des Alpes (Rupicapra r. rupicapra) et chez le bouquetin des Alpes (Capra i. ibex), mais la maladie a également été décrite chez d’autres Caprinae sauvages dans les Pyrénées et en Nouvelle-Zélande. L’infection se caractérise par une inflammation de la conjonctive et de la cornée ; aux stades les plus avancés, il se produit une opacité, voire une perforation de la cornée. Chez les chamois et les bouquetins atteints de kérato-conjonctivite infectieuse, une guérison spontanée est l’issue la plus courante de la maladie. Cependant, la mortalité peut occasionnellement atteindre 30 %. Des études récentes effectuées dans l’est de la Suisse montrent que l’infection due à M. conjunctivae n’est pas auto-entretenue chez les chamois. En revanche, la maladie est endémique et auto-entretenue chez les ovins domestiques. Le contact avec l’agent excrété par des ovins vivant à proximité pendant l’estive peut être à l’origine d’épidémies ponctuelles chez les Caprinae sauvages.

Les mouches jouent probablement un rôle majeur dans la transmission interspécifique de M. conjunctivae dans les prairies alpines. Lorsque la kérato-conjonctivite infectieuse se déclare chez les animaux sauvages, il faut veiller tout particulièrement à limiter les dérangements anthropogènes superflus dans les zones atteintes. Toutefois, les animaux présentant des lésions oculaires irréversibles doivent être abattus par les garde-chasse pour leur éviter de souffrir. La prévention de la kérato-conjonctivite infectieuse chez les Caprinae sauvages consiste essentiellement à empêcher la propagation de M. conjunctivae par les animaux domestiques. Cependant, des études doivent être faites pour analyser la répartition de l’infection due à M. conjunctivae chez les ovins domestiques dans plusieurs pays et pour évaluer le risque de transmission de la kérato-conjonctivite infectieuse des animaux domestiques à la faune sauvage. De plus, des études immunologiques doivent être effectuées pour développer des outils permettant de lutter contre l’infection due à M. conjunctivae chez les ovins domestiques.