Depuis la signature du Plan hémisphérique d’éradication de la fièvre aphteuse (PHEFA) par les pays d’Amérique du Sud, le nombre de cas cliniques de cette maladie est en forte régression sur l’ensemble du continent. Alors qu’au début des années 1990, les laboratoires nationaux sud-américains diagnostiquaient en moyenne 766 cas chaque année, ce nombre était tombé à 130 cas vers la fin de la décennie. À la fin des années 1990, l’Argentine, le Chili, le Guyana et l’Uruguay étaient reconnus par la communauté internationale comme des pays exempts de fièvre aphteuse où n’est pas pratiquée la vaccination. En 1999, aucun signe clinique de la maladie n’a été observé sur 60 % des bovins du continent. Ces animaux constituaient 41 % de l’ensemble du cheptel sud-américain et vivaient dans une zone géographique représentant plus de 60 % de la superficie du continent. La fièvre aphteuse a toutefois fait sa réapparition dans certains pays du Cône Sud durant le printemps 2001. Le retour de la maladie dans de très nombreuses zones d’Argentine, d’Uruguay et de l’État du Rio Grande do Sul, au Brésil, a remis en question les fondements du Plan hémisphérique, à savoir la capacité des pays sud-américains d’obtenir et de conserver le statut de pays indemne de fièvre aphteuse, avec ou sans vaccination. Les auteurs laissent entendre que ces pays pourraient recouvrer leur statut en accordant leur appui au PHEFA. La réussite d’une stratégie d’éradication de la maladie passe par une vaccination généralisée, une réponse efficace à l’apparition des foyers et le contrôle des déplacements d’animaux. La mise en place d’une telle stratégie doit intervenir au niveau régional (et non au niveau national) et reposer sur une méthodologie d’analyse des risques. La gestion multilatérale des campagnes de vaccination et des activités de terrain permettant d’assurer la couverture simultanée de vastes zones, les mesures préventives de base et les activités de contrôle aux frontières constituent la clé de l’éradication de la fièvre aphteuse et de la conservation du statut de zone indemne de maladie.