Un questionnaire d’enquête a été adressé aux Pays Membres de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) en Asie, en vue de savoir s’ils avaient recours à une gestion des risques en matière d’encéphalopathies subaiguës spongiformes transmissibles. L’auteur présente une synthèse des 16 réponses obtenues en juillet 2002. L’enquête révèle que dix pays n’emploient pas systématiquement l’analyse des risques posés par l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) à l’importation ; elle souligne dès lors la nécessité d’organiser d’urgence des stages de formation. Si les importations de ruminants à partir de l’Europe ont été relativement peu importantes, de grandes quantités d’aliments pour animaux issus de ruminants ont été importées en Asie. Par conséquent, l’introduction de l’agent responsable de l’ESB dans le cheptel national de la plupart des pays est probable. Ce risque extérieur a été ramené à des proportions acceptables dans la mesure où, au cours des dernières années, la majorité des pays asiatiques ont interdit l’importation d’aliments pour animaux provenant de pays contaminés par l’ESB. Toutefois, la persistance de quelques maillons faibles pourrait conduire à l’importation de matières à risque. Si le recyclage de l’agent de l’ESB par les établissements d’équarrissage semble peu probable, il n’est pas totalement à exclure dans certains pays comme la République populaire de Chine, l’Inde, le Japon, le Pakistan et Taipei China. Par conséquent, il convient de prévoir une gestion plus sévère des abattoirs et des établissements d’équarrissage dans ces pays, ainsi que la mise en œuvre de programmes de surveillance à grande échelle. L’encéphalopathie spongiforme bovine n’est pas une maladie à déclaration obligatoire dans six pays, ce qui atteste de l’absence totale de gestion des risques posés par l’ESB dans ces pays. L’adoption par les pouvoirs publics de mesures immédiates visant à rendre obligatoire la déclaration de cette maladie est jugée nécessaire. Le nombre de prélèvements analysés dans la majorité des pays asiatiques à des fins de dépistage de l’ESB est encore trop limité. Il est donc impératif d’améliorer sans tarder la qualité des programmes de surveillance en adoptant des méthodes modernes (et économiques) de diagnostic et en organisant des séances de formation consacrées aux systèmes de surveillance épidémiologique. À l’exception du Japon, les travaux sur la tremblante en Asie sont rares, alors que la maladie fait l’objet d’une surveillance de routine en République populaire de Chine, en Inde, au Myanmar, au Pakistan et à Taipei China.