C’est en novembre 1986 que l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) a été décrite pour la première fois au Royaume-Uni. La mise en place d’un système de surveillance active s’est accompagnée de la déclaration obligatoire des cas d’ESB dans le cheptel bovin de la plupart des pays européens, illustrant ainsi l’importance d’une utilisation combinée de dispositifs de surveillance active et passive pour apprécier le statut réel de l’ESB dans un pays donné. La tremblante, une encéphalopathie subaiguë spongiforme transmissible (ESST) présente chez les ovins et caprins, a été signalée dans le monde entier, à quelques notables exceptions près. On s’est également inquiété de la contamination possible des ovins et des caprins par l’ESB. Actuellement, chez les petits ruminants, la tremblante ne peut être distinguée de l’ESB qu’à l’issue de longues expérimentations sur les souris. Les premiers résultats de la surveillance active de la tremblante commencée en 2002 ont révélé que le nombre de cas signalés avait été largement sous-estimé. L’histoire de l’ESB chez les bovins révèle que les pouvoirs publics ont pris des décisions inappropriées en termes de gestion des risques, faute d’avoir tenu compte du risque identifié par les analyses de risques dans un pays donné. Aucune mesure de protection de la santé animale et de la santé publique n’a été mise en place malgré la probabilité de ce risque. Par ailleurs, l’impact des mesures adoptées a souvent été surestimé, et il a fallu les revoir à plusieurs reprises. L’interdiction de la farine de viande et d’os (FVO) dans les aliments pour ruminants est la principale action destinée à prévenir l’apparition de nouveaux cas d’ESST. En outre, il convient d’étudier des mesures complémentaires, telles que l’exclusion des matières à risque spécifiées et des cadavres issus de l’équarrissage, ainsi que la prévention de contamination croisée entre les aliments pour animaux et la FVO. L’interdiction des matières à risque spécifiées (encéphale et moelle épinière, par exemple) susceptibles de contenir des agents de l’ESB en forte concentration, ainsi que l’interdiction de la viande séparée mécaniquement des os, sont les mesures les plus importantes en vue d’assurer la protection du consommateur. Les principaux moyens mis en œuvre en Europe ainsi que leur justification scientifique sont décrits et discutés.