Les auteurs de cette étude décrivent la maladie épizootique des voies respiratoires, causée par le virus de l’influenza, qui s’est déclarée dans une importante population équine au cours de l’hiver 2000 à Louqsor et à Assouan (Haute-Égypte). Les premiers signes de l’épizootie sont apparus en janvier. Le taux d’infection devait atteindre son point culminant en février, avant de baisser progressivement jusqu’à la fin du mois d’avril 2000. La maladie a touché les chevaux, les mules et les ânes de tous sexes et de tous âges. La libre circulation des équins infectés et le contact direct entre les animaux dans les marchés ont favorisé la propagation rapide de la maladie. La cause de l’épizootie a été déterminée par sérologie et par l’identification du virus de l’influenza dans les sécrétions nasales. Le virus a été mis en évidence par inoculation à l’oeuf embryonné et par hémagglutination. Les épreuves d’inhibition de l’hémagglutination et de précipitation en gélose avec des antisérums de référence spécifiques des souches A/Equi-1 (H7N7) et A/Equi-2 (H3N8) ont permis d’identifier le virus isolé. La présence d’anticorps dirigés contre le virus de la grippe équine a été confirmée par inhibition de l’hémagglutination dans 416 des 435 sérums prélevés (95,6 %). Les signes cliniques les plus constants étaient les suivants : température rectale élevée, inappétence, conjonctivite, rougeur de la muqueuse nasale, écoulement nasal séreux devenant mucopurulent et forte toux sèche. Les facteurs de stress liés à l’utilisation des équins pour le transport de lourdes charges ou la traction, par exemple, favorisaient l’apparition de la maladie, aggravaient les symptômes cliniques, retardaient la guérison et facilitaient l’installation d’infections bactériennes secondaires. Les auteurs de l’étude évoquent l’absence d’un programme de vaccination contre la grippe équine comme l’une des causes principales de la propagation de l’infection durant l’épizootie. Ils concluent à la nécessité impérieuse de mettre en oeuvre un programme d’immunisation contre la grippe équine en Égypte à l’aide d’un vaccin moderne et efficace.