La peste des petits ruminants (PPR) est une maladie virale fébrile aiguë des caprins et des ovins caractérisée par des écoulements nasaux et oculaires mucopurulents, une stomatite érosive et nécrosante, une entérite et une pneumonie. En Inde, cette maladie enzootique entraîne chaque année d’importantes pertes économiques liées aux taux élevés de mortalité et de morbidité chez les caprins et les ovins infectés. Cette étude porte sur les observations de 58 foyers de PPR confirmés par des laboratoires et fournit des informations détaillées sur la prévalence d’anticorps dirigés contre le virus de la PPR (PPRV) dans 4 407 sérums de petits ruminants. La plupart des prélèvements destinés à cette étude avaient été obtenus dans le nord et le centre de l’Inde. Les sérums employés pour la détection des anticorps de PPRV n’étaient pas nécessairement représentatifs de la population cible, même s’ils provenaient d’un nombre plus important de régions. La détection des antigènes (par épreuve immuno-enzymatique [ELISA] en sandwich) et des anticorps (par ELISA de compétition) du PPRV a été réalisée au moyen de trousses de diagnostic fabriquées en Inde avec des anticorps monoclonaux. Les résultats indiquent que les foyers de la maladie étaient plus graves chez les caprins que chez les ovins. La fréquence d’apparition des foyers était plus élevée entre mars et juin (51,7 %) que durant les autres mois de l’année. L’examen des 4 407 sérums a révélé que la prévalence des anticorps du PPRV était de 33 % chez les petits ruminants de l’Inde (32,3 % à 33,7 %, avec un intervalle de confiance de 95 %). La prévalence des anticorps dirigés contre la PPRV variait selon l’espèce (par exemple, les caprins ou les ovins), les groupes d’âge et les zones géographiques. Le taux d’infection par le PPRV était plus élevé dans la population ovine (36,3 %) que chez les caprins (32,4 %). La distribution et la prévalence des anticorps parmi les animaux de groupes d’âge différents ont révélé que les caprins étaient exposés à un âge plus précoce que les ovins, ce qui pourrait traduire une plus forte sensibilité au virus. Les auteurs ont relevé un nombre de cas positifs plus élevé (30 %-60 %) dans le sud et le sud-ouest de l’Inde que dans la partie septentrionale (10 %-30 %). Ces résultats peuvent être corrélés à des pratiques d’élevage différentes des ovins et des caprins selon les zones géographiques, la topographie des États et le statut socioéconomique des éleveurs.