Résumé
Les Services vétérinaires bien gouvernés correspondent à des services qui sont financés de manière pérenne, qui sont universellement accessibles, et qui sont fournis avec efficacité, sans gaspillage ni duplication, d’une manière transparente et indemne de fraude et de corruption. L’existence d’une bonne gouvernance vétérinaire est un facteur indispensable au développement économique durable, dans la mesure où elle favorise l’efficacité de la prestation de services et améliore les performances générales des systèmes de santé animale. Après avoir défini la gouvernance des Services vétérinaires, les auteurs proposent un cadre permettant de l’évaluer. Ils examinent également le rôle des Services vétérinaires ainsi que les outils mis au point par l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) pour évaluer les performances de ces Services. Ces outils (outil PVS de l’OIE et analyse des écarts PVS) permettent de retracer les performances des Services vétérinaires dans différents pays (il s’agit d’outils harmonisés) et au fil du temps (via le Processus PVS). Tout en montrant l’utilité de l’Outil PVS pour évaluer la gouvernance, les auteurs constatent l’existence de deux lacunes : (i) l’absence d’indicateurs de résultats clairs, ce qui est un obstacle à l’évaluation intégrale des performances des Services vétérinaires ; (ii) l’absence de mesures spécifiques pour évaluer l’ampleur de la corruption au sein des Services vétérinaires et pour déterminer jusqu’à quel point la demande relative à une meilleure gouvernance se renforce au sein du système de santé animale. Les auteurs examinent ensuite les facteurs de corruption ainsi que les instruments d’évaluation perceptive de la gouvernance nationale et de la corruption. De même, ils introduisent le concept de responsabilisation sociale, démarche consistant à améliorer la transparence et la responsabilité gouvernementales, et expliquent la façon dont les mécanismes impulsés par l’offre et ceux impulsés par la demande interagissent et se complètent pour améliorer la gouvernance de la prestation de services. Deux instruments sont décrits de manière plus poussée, à savoir les questionnaires citoyens et les mécanismes de règlement de différends, instruments dont la portée dépasse le cadre strict de la gouvernance mais qui peuvent trouver de nombreuses applications dans divers contextes, y compris les Services vétérinaires. De même, l’accès à l’information et la conduite d’une réflexion sur le degré approprié de décentralisation des Services vétérinaires s’avèrent centrales pour améliorer transparence et responsabilité. La mise en conformité des Services vétérinaires avec les normes internationales de l’OIE contribue à améliorer la gouvernance et s’avère également bénéfique pour l’économie, car elle entraîne un accroissement de la productivité des élevages, un élargissement des débouchés commerciaux et une amélioration de la sécurité alimentaire. Cette mise en conformité des Services vétérinaires est également bénéfique pour la santé publique, dans la mesure où elle contribue à l’amélioration de la sécurité sanitaire des aliments ainsi qu’au renforcement de la prévention et du contrôle des zoonoses.
 
Mots-clés
Chaîne de commandement – Corruption – Décentralisation – Demande relative à une meilleure gouvernance – Gouvernance – Mécanisme de règlement des différends – Performance – Prestation de services – Questionnaires citoyens – Responsabilisation sociale – Responsabilité – Secteur public – Services vétérinaires.