Titre
Évaluation des stratégies nationales de lutte contre l’influenza aviaire hautement pathogène et l’influenza aviaire faiblement pathogène à déclaration obligatoire chez les volailles, et plus particulièrement du recours aux vaccins et à la vaccination
 
 
Résumé
Depuis 1959, le monde a connu 29 épizooties distinctes d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP). Parmi elles, la plus importante a été la panzootie d’IAHP due au virus H5N1 et survenue en Asie, en Afrique et en Europe de l’Est, qui a affecté les volailles et/ou l’avifaune de 63 pays. Si les programmes d’abattage sanitaire ont réussi à éradiquer 24 de ces épizooties (et sont en voie d’éradiquer l’épizootie actuelle due au virus H5N2 chez les autruches en Afrique du Sud), pour quatre autres épizooties l’abattage sanitaire s’est avéré inefficace appliqué seul et il a été décidé d’introduire la vaccination dans les programmes de lutte. Plus de 113 milliards de doses de vaccin contre l’influenza aviaire ont été administrées entre 2002 et 2010 aux populations de volailles jugées à risque, lesquelles comptaient plus de 131 milliards d’individus. À raison de deux à trois doses par volatile dans les 15 pays pratiquant la vaccination, la couverture vaccinale nationale moyenne s’est élevée à 41,9 %, portant à 10,9 % la couverture vaccinale mondiale des populations de volailles contre l’influenza aviaire. Le taux le plus élevé de couverture vaccinale, se rapprochant de 100 % des volailles, a été enregistré à Hong Kong, tandis que le taux national le plus bas, inférieur à 0,01 % des volailles, a été enregistré en Israël et aux Pays-Bas. Les vaccins utilisés étaient pour 95,5 % d’entre eux des vaccins à virus inactivé, tandis que les vaccins à virus recombinant représentaient 4,5 % du total. Ces vaccins ont été majoritairement utilisés lors de la panzootie d’IAHP à H5N1, et plus de 99 % d’entre eux ont été utilisés en Chine, en Égypte, en Indonésie et au Vietnam. L’introduction de la vaccination dans ces quatre pays a eu lieu après que l’IAHP à H5N1 ait pris une dimension enzootique chez les volailles domestiques et n’a pas été à l’origine des infections enzootiques. Le recours aux vaccins a permis de prévenir la maladie clinique ainsi que la mortalité chez les poulets, tout en préservant les moyens de subsistance et la sécurité alimentaire des sociétés rurales affectées par les foyers d’IAHP. L’influenza aviaire faiblement pathogène (IAFP) due aux virus de type H5 et H7 est devenue une maladie à déclaration obligatoire auprès de l’Organisation mondiale de la santé animale en 2006, lorsqu’il est apparu que certains de ces virus pouvaient subir une mutation les rendant hautement pathogènes. Les notifications de foyers d’IAFP à déclaration obligatoire ont été moins nombreuses que celles de foyers d’IAHP et six pays seulement ont introduit la vaccination dans leurs programmes de lutte, ce qui porte à 8,1 % le pourcentage des vaccins utilisés contre l’influenza aviaire due aux virus H5/H7, par opposition au pourcentage de vaccins utilisés contre l’IAHP qui s’élève à plus de 91,9 % du total. Six pays ont choisi de vacciner pour lutter contre l’IAFP à déclaration obligatoire, la majorité des vaccins ayant été utilisée au Mexique, au Guatemala, au Salvador et en Italie. Dans les pays où l’IAHP et l’IAFP à déclaration obligatoire sévissent à l’état enzootique, la conception et la mise en oeuvre des stratégies de sortie se sont avérées difficiles.
 
Mots-clés
Banque de vaccins – Immunité – Influenza aviaire – Influenza aviaire faiblement pathogène – Influenza aviaire faiblement pathogène à déclaration obligatoire – Influenza aviaire hautement pathogène – Maladie animale – Maladie aviaire – Vaccin – Vaccination – Virus de l’influenza aviaire – Volailles.