Résumé
Le virus asiatique H5N1 de l’influenza aviaire hautement pathogène, détecté pour la première fois en 1996 à Guangdong en République populaire de Chine, présente la caractéristique unique de s’être transmis à l’homme et à d’autres espèces de mammifères. Jusqu’à présent, il n’a pas été constaté de transmission régulière entre espèces chez les mammifères ; en revanche, la propagation continue et l’évolution de ces virus parmi les volailles domestiques à travers tout le continent eurasien fait planer une menace permanente de pandémie. Ces virus ont eu des effets dévastateurs chez les volailles domestiques ; chez les humains infectés, le taux de mortalité dépasse 60 %. Les virus de type H5N1 ont pour caractéristique unique d’avoir évolué en plusieurs clades et sous-clades suite au réassortiment avec d’autres virus de l’influenza dans l’épicentre situé en Chine méridionale ; l’accumulation de mutations ponctuelles s’est finalement traduite par une différenciation des caractères antigéniques de ces clades. Trois vagues épidémiques se sont succédé : la première a touché l’Asie de l’Est et du Sud-Est, la deuxième a traversé le lac de Qinghai en Chine pour gagner l’Europe, l’Inde et l’Afrique, tandis que la troisième a de nouveau affecté l’Asie du Sud-Est. Cet article est consacré à l’épidémiologie moléculaire de l’évolution des multiples clades des virus H5N1. L’évolution continue de ces virus H5N1 et le risque d’établissement d’épicentres secondaires en Indonésie, en Égypte et au Nigeria représentent une menace permanente et mondiale pour les populations aviaires ainsi que pour l’homme.
 
Mots-clés
Dissémination – Évolution moléculaire – H5N1 – Influenza aviaire – Influenza aviaire hautement pathogène – Pathogénie – Risque de pandémie.