Les encéphalopathies subaiguës spongiformes transmissibles (ESST), la tremblante du mouton et l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) sont des maladies graves pour les animaux domestiques. Toutefois, les ESST contaminent également des espèces animales non domestiques, même si leur importance est plus limitée en termes d’effectifs atteints et de distribution géographique. L’encéphalopathie transmissible du vison (TME) a été la première ESST identifiée chez des animaux non domestiques. Cette affection extrêmement rare du vison en captivité (Mustela vison) est associée à la consommation d’aliments pour animaux contaminés par un agent de l’ESST. La maladie du dépérissement chronique des cervidés a été la deuxième ESST diagnostiquée chez des animaux non domestiques. L’implication d’aliments contaminés par l’agent de la maladie du dépérissement chronique dans l’apparition de cette maladie n’a pas été établie. L’exposition semble se produire naturellement, par voie orale, probablement lors des contacts directs entre animaux, ou par contamination environnementale. L’extension, au cours des cinq dernières années, de l’aire connue de distribution de la maladie du dépérissement chronique en Amérique du Nord suscite de plus en plus d’inquiétude, notamment en raison de l’impact de la maladie sur les populations de cervidés vivant en liberté et sur la pérennité de la filière du gibier d’élevage. Différentes espèces de ruminants non domestiques et de félidés ont été infectées au Royaume-Uni, en marge de l’épizootie d’ESB, probablement à la suite d’une exposition à des aliments contaminés pour animaux. Ces exemples illustrent la dépendance des animaux non domestiques vivant en captivité à l’égard des aliments qui leur sont offerts. Or, par rapport aux espèces domestiques, ces animaux peuvent présenter une sensibilité différente aux agents infectieux présents dans les aliments. Bien que l’homme ait moins d’influence sur l’exposition aux agents infectieux des espèces vivant en liberté, une surveillance épidémiologique de ces populations pourrait s’avérer importante dans le cadre de leur gestion sanitaire. Il convient d’entamer ou de poursuivre la surveillance d’un large éventail de maladies infectieuses, y compris les ESST, chez les espèces non domestiques vivant en liberté ou en captivité. L’étude des maladies chez ces espèces pourrait apporter de précieux renseignements sur les agents infectieux dangereux pour les animaux domestiques et l’homme.