Résumé
Chez l’homme comme chez l’animal, la présence d’une maladie est souvent associée à des signes cliniques d’affaiblissement, à des troubles des fonctions physiologiques ou à des pertes de production, avec des conséquences socioéconomiques considérables. La sélection de stratégies de lutte appropriées et l’éradication de certaines maladies particulières sont donc une priorité tant pour les autorités sanitaires nationales que pour les organisations internationales. Dès lors qu’une stratégie de lutte a été sélectionnée et mise en œuvre, il peut s’avérer utile de faire appel à la modélisation pour en évaluer l’efficacité. Afin d’illustrer cette contribution des modèles, les auteurs décrivent en détail plusieurs exemples, dont trois portent sur la modélisation de classes et sur les arbres de régression utilisés pour évaluer et améliorer la détection précoce de maladies : en l’occurrence, la fièvre de West Nile chez les équidés, l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) et les maladies multifactorielles telles que le syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles aux États-Unis. Ils examinent également les modèles de régression utilisés pour évaluer les pratiques en matière de tests cutanés et l’efficacité d’une campagne de sensibilisation à la tuberculose bovine ; la modélisation mécaniste visant à suivre l’état d’avancement d’une stratégie de lutte contre l’ESB ; et enfin la modélisation statistique à l’échelle nationale visant à analyser la dynamique spatio-temporelle de la tuberculose bovine et à identifier les facteurs de risque susceptibles de faire l’objet de mesures de surveillance ciblées plus efficaces. Pour une utilisation appropriée des modèles, il convient d’adopter une approche interdisciplinaire plutôt que pluridisciplinaire et de recourir à un nombre aussi limité que possible d’hypothèses de départ.
 
Mots-clés
Épidémiologie – Évaluation – Maladie animale – Modélisation – Stratégie de lutte.